Sint-Jan-de-Doperkerk (église Saint-Jean-Baptiste)
Aucune commémoration annuelle n'est plus célébrée ici. L'église n'est plus ornée par les 'palleressen', l'époque où le pasteur et les grands maîtres régnaient sur les maîtres de l'église est également révolue.
Il fut un temps où cette église était très riche et possédait de nombreux revenus.
Histoire et description du bâtiment
Une chapelle fut déjà construite en style roman en 1232, juste en dehors des murs de la ville, à l'endroit où se trouve l'actuelle infirmerie. Selon les inscriptions sur le portail nord de l'actuelle église du gothique primaire, le béguinage a été construit en 1234 et l'église actuelle en 1305.
La construction de celle-ci a été suspendue alors que l'ensemble du bâtiment n'était que partiellement terminé. Entre 1421 et 1468, Jan Keldermans a participé à l'achèvement de la construction.
Encerclée par les jardins publics de l'ancien cimetière (supprimé en 1784), cette église typique de style gothique paysan louvaniste local se singularise par son plan basilical simple sans transept et sans choeur à niveau égal. L'église présente encore quelques caractéristiques du style roman telles que les contreforts massifs, les petites fenêtres supérieures et une petite tour en escaliers. L'espace total est divisé en 9 travées dont deux forment le chœur. La fenêtre du chœur est monumentale et, curieusement, ornée d'entrelacs précieux avec un pilier central en forme d'Y.
L'absence de tours fait penser aux ordres mendiants et aux couvents de religieuses. On remarque toutefois un élégant petit campanile d'où résonnent depuis le 20 janvier 1998 seize cloches en bronze. Elles jouent toutes les heures: 'Le seigneur Jésus a un jardin' et toutes les demi-heures 'Zeg kwezelken wilde gij dansen' (chant populaire flamand) suivi par le coup qui sonne l'heure.
L'église est construite du côté est en grès blanc (provenant de Gobertange) et du côté ouest, le grès blanc alterne avec des couches de stéatite de grès de fer.
Le portail principal est très simple, la belle porte en chêne est décorée d'une aiguille baroque avec une statue de la Vierge datant de 1671. Le portail nord semblait avoir conservé sa polychromie lors de la restauration. Le relief en est extrêmement sobre.
Au cours du 18e siècle, le pasteur J. Enoch fit ériger la Croix du Calvaire sur l'église. Il fit également construire, d'après un projet de J.A. Hustin, le mur actuel du cimetière en briques avec de beaux piliers de soutien et pièces d'ornement en petit granit.
En 1783, les béguinages échappèrent à la réforme religieuse de Joseph II, mais pas à la suppression des couvents en 1796, pendant la révolution française. Ceux-ci furent ramenés sous l'autorité de la Commission des Eglises Civiles. L'église fut fermée et proposée en vente publique pour démolition. Elle fut rachetée en 1799 grâce à l'intervention du pasteur J. Vanden Hende.
En 1803, l'église fut réouverte au culte.
Depuis le 19 avril 1937, elle est classée comme monument historique.
En 1962, le béguinage fut, à l'exception de l'église, vendu à l'Université catholique de Louvain et transformé en clos résidentiel universitaire. L'église elle-même appartient donc toujours au CPAS, bien qu'un bail emphytéotique ait été conclu pour 99 ans par l'UCL. Actuellement, l'église est utilisée en tant que paroisse universitaire.
Depuis avril 1998, le béguinage fait partie des monuments protégés de l'Unesco.
Intérieur de l’église
Lorsque nous entrons dans l'église, nous sommes frappés par sa largeur monumentale.
A l'origine, l'église n'était pas voûtée ni pourvue d'une voûte en ogive en bois peint, mais le pasteur Van de Sande opta en 1654 pour une voûte d'arête avec des ornements baroques, faisant ainsi preuve de son enthousiasme pour l'âge d'or des béguines à l'époque de la Contre-Réforme. La gracieuse construction de chevrons en forme d'ogive peut encore être observée au-dessus de la voûte actuelle. Vers la même époque, un nouveau mobilier est installé - 5 autels, des confessionnaux, une chaire, des portails va-et-vient, les personnages apostoliques de style baroque, l'orgue de Goltfuss. Tout ce mobilier a été conservé jusqu'à nos jours. L'ensemble est à présent entièrement de style baroque suivant la mode du 17e siècle. La peinture blanche met le tout bien en valeur. Le célèbre verrier Jan de Caumont a également apporté sa contribution au 17e siècle, mais la guerre a détruit son oeuvre.
Au 18e siècle, l'église était encore embellie avec des stalles des béguines, le riche décor de la sacristie et 2 bancs de communion.
Les anciennes " stedekens » qui prenaient toute la place ont disparu à la révolution française. On peut voir que le sol entier de l'église est couvert de dalles funéraires (environ 90) de prêtres et de béguines, enterrés entre 1396 et 1753. Ce privilège était toutefois réservé aux riches.
Les chapiteaux des colonnes sont ornés de motifs ludiques, de rinceaux et de personnages cocasses.
L'occupation du bâtiment en tant que paroisse universitaire a entraîné des exigences au niveau du chauffage, de l'éclairage et de la liturgie. On a opté pour le chauffage au gaz par le sol et pour de simples suspensions blanches comme éclairage. Le nouveau mobilier liturgique a été conçu selon un projet de l'ingénieur P. Van Aerschot.
L'église Saint-Jean-Baptiste a été restaurée dans son ensemble ; le bâtiment, l'intérieur de celui-ci, le mobilier et les oeuvres d'art ainsi que le mur du cimetière qui l'encercle.
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